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19 nov 07 Dionysos - La mécanique du coeur

Parallèlement à l’écriture du roman, Mathias a donc composé des chansons qui racontent plus ou moins la même histoire, la bande originale du livre, des petits wagons musicaux raccrochés au train de La Mécanique du cœur. Dionysos s’est donc remis au boulot. Un rêve pouvant en cacher un autre, Mathias a eu l’idée d’incarner et de faire chanter les personnages du livre. Il y a donc plein d’invités sur le disque, un casting de rêve. Avec, par ordre d’apparition à l’écran : Emily Loizeau (as Dr Madeleine), Arthur H (as le clochard Arthur), Rossy De Palma (as la prostituée Luna), Grand Corps Malade (as le méchant Joe), Jean Rochefort (as Méliès), Alain Bashung (as Jack l’Eventreur), Eric Cantona (as Giant Jack, soit le narrateur devenu grand) et, last but not least, Olivia Ruiz as Miss Acacia.
Dans le livre, Miss Acacia est l’amoureuse de Little Jack, une petite chanteuse andalouse rencontrée à Edimbourg. Et dans la vraie vie, Olivia Ruiz est la chérie de Mathias.
La collaboration artistique entre Miss Acacia Ruiz et Little Jack Malzieu a commencé sur le deuxième album d’icelle, La Femme chocolat, dont Mathias fut coréalisateur et parolier, maître chocolatier si l’on veut. Lors de cet enregistrement, Mathias a pris goût au chocolat, et à la réalisation. C’est ainsi qu’après avoir travaillé avec les illustres Steve Albini et John Parish sur ses albums précédents, Dionysos a décidé de produire La Mécanique du cœur lui-même, dans son fief de Valence. Avec l’aide déterminante de l’arrangeur Olivier Daviaud, rencontré pendant l’enregistrement de La Femme chocolat.
Avec La Mécanique du cœur, il a déjà vu du pays. D’une fantaisie et d’une cohérence folles, ce disque emmène Dionysos aux confins les plus épiques de son univers, dans un pays sans clôtures où le rock, le hip-hop, le vieux blues, la chanson bastringue et les musiques de films (surtout des westerns) s’ébattent librement. La plupart des rythmiques sont façonnées à partir des sons d’horloges enregistrés chez Gilles Vassort, et on pense alors aux expériences organiques de Björk ou Tom Waits, deux des références du groupe. Grâce aux arrangements de cordes et de cuivres d’Olivier Daviaud, Dionysos s’échappe du rock, et on pense alors à Beirut. Grâce à Little Jack, Dionysos a encore grandi. C’est la bande (vraiment très) originale du livre, chaque chanson est reliée à un passage du livre, mais le disque peut s’écouter tout seul, comme la bande originale du film que Mathias rêve déjà de tourner. Entre la douche écossaise, le cabinet de curiosités et l’auberge espagnole, c’est bien l’univers de Dionysos, mais totalement décloisonné, en expansion permanente, métamorphosé, encore plus haut et fort. Un livre, un disque, mais une seule histoire : celle d’un groupe qui, après six albums et bientôt quinze ans d’existence, semble avoir apprivoisé le secret du mouvement perpétuel.

Source : lesinrocks



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